Chapitre 5. Le duel À mesure que nous avions étudié cette triste affaire, nous nous étions bien convaincus, mon père et moi, qu’elle était imperdable. Deux testaments se trouvaient en présence : l’un qui, depuis cinq ans, avait reçu sa pleine exécution, était en faveur de M. d’Aillane. Gêné à l’époque de cet héritage, il s’était libéré en vendant l’immeuble qu’il regardait comme sien. L’autre testament, découvert trois ans après, par un de ces étranges hasards qui font dire que, parfois, la vie ressemble à un roman, dépouillait tout à coup les d’Aillane pour enrichir madame d’Ionis. La validité de ce dernier acte était incontestable ; la date, postérieure à celle du premier, était nette et précise. M. d’Aillane plaidait l’état d’enfance du testateur et l’espèce de pression que M. d’Ionis